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Voyages : quel avenir selon les offices du tourisme ?

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Les opinions exprimées dans cet article sont propres à l'auteur·e.

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“Au dessus des vieux volcans
Glissent des ailes sous les tapis du vent
Voyage, voyage
Éternellement.”

C’est ce qu’on chantait en 1986, quand le tourisme était une activité en plein essor et qu’un avenir radieux s’annonçait pour les différents professionnels.

Mais voilà que, soudain, un peu par hasard, une crise sanitaire mondiale s’abat en 2020 et paralyse en quelques mois l’ensemble des activités touristiques internationales.

Des millions d'avions à l’arrêt, des centaines de destinations en suspens et puis surtout, l’attente, longue, incertaine, de ce qui nous attendra par la suite.

Quand pourra-t-on repartir ? Où ? Mais surtout, comment ?

“Voyage, voyage
Vole dans les hauteurs
Au-dessus des capitales.”

En effet, on a comptabilisé, en 2019, une moyenne de plus de 4000 avions dans le ciel par heure. C’est l’équivalent d’un nouvel avion qui décolle chaque seconde. 

Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça représente : sur l’année, ce sont donc 4 milliards de personnes qui ont voyagé par avion, soit la moitié de l’humanité.

En termes de tourisme, sur le seul territoire français, ce sont près de 90 millions de voyageurs.

Alors j’insiste : comment pourra-t-on repartir ? Quels voyages nous attendent en 2021 ? Le tourisme reprendra-t-il réellement sa croissance exponentielle momentanément interrompue ? Cette pandémie ne sera-t-elle qu’un vilain souvenir dans la mémoire commune des acteurs ? Ou au contraire, aura-t-elle apporté un changement décisif à notre consommation des voyages ?

La France, en tant que première destination touristique mondiale, se trouve tout particulièrement confrontée à ces grandes interrogations.

J’ai donc décidé de rencontrer différents professionnels d'office du tourisme afin de connaître leurs points de vue. Ils sont en contact avec de nombreux opérateurs touristiques locaux et disposent ainsi d’une vision globale de leur destination. Recueillir leurs témoignages était une sorte d’évidence : ils sont en première ligne pour constater les changements déjà perceptibles et, potentiellement, ce qui nous attend tous à l’avenir.

Leurs opinions sont diverses, mais ils partagent toutefois une certitude commune : celle que le tourisme mondial, tôt ou tard, reprendra… 

Reste à savoir comment.

“Sur les dunes du Sahara
Des îles Fidji au Fujiyama
Voyage, voyage
Ne t'arrête pas.”


<h2>Les voyages en 2021 : une initiative responsable</h2>
Une voyageuse solo est en montagne avec un sac à dos sous la pluie.jpg
Il s’agit effectivement du premier constat : le tourisme de demain se veut vraisemblablement bien plus durable qu’avant.

La crise sanitaire a en effet développé, par la force des circonstances, la tendance d’un tourisme de proximité voire d’ultra proximité : les visiteurs partent à seulement 1h ou 2h de chez eux pour redécouvrir leur territoire. “La crise sanitaire pousse encore plus la réflexion déjà entamée au niveau du comportement touristique. Les gens font attention à leur empreinte carbone et se rendent compte qu’à côté de chez eux, il y a plein de choses à faire” affirme Xabi Belain, responsable du service promotion de l’office du tourisme de Bayonne. 

Il faut dire que Bayonne a la chance de bénéficier à la fois de l’Atlantique, des terres intérieures et d’un patrimoine culturel fort : on n’a pas toujours besoin de partir bien loin pour une escapade dépaysante.

Il s’agit donc d’un tourisme différent, à côté de chez soi, souvent à la recherche de grands espaces pour s’éloigner des flux comme le remarque Sylvain Langer, directeur de l'office de tourisme de Pau : “Les gens ont voulu fuir la foule, d'ailleurs on a remarqué que le tourisme urbain a beaucoup chuté. Les visiteurs ont cherché avant tout les grands espaces. Les montagnes du Béarn ont connu un véritable boom de fréquentation : plus 15% en juillet-août.” 

Les montagnes ont donc eu la côte cet été. “Des gens viennent pour se ressourcer alors qu’ils habitent à moins de 30km. Beaucoup de visiteurs se sont tournés vers les montagnes. Dans les Pyrénées Béarnaises, les randonnées sont relativement techniques donc on a proposé des sorties accompagnées : ça a très bien marché” indique Marie Pachéco, directrice de l’office du tourisme des Pyrénées Béarnaises, qui m’a d’ailleurs précisé qu’on y trouve 200km de pistes balisées. 

Cette tendance nouvelle d’un tourisme local et naturel, observée en juillet-août, va également durer pour l’hiver selon elle. “Le tourisme de nature et de proximité est central même cet hiver, avec la neige qui approche. On veut se positionner sur une nouvelle offre, différente du ski : avec la pandémie, mais aussi avec le manque de neige, on s’aperçoit que sur le long-terme, il faut reconsidérer les offres en montagne. Il est temps de proposer d’autres prestations et ce tout au long de l’année.” Oui, de très beaux souvenirs sont possibles en voyageant dans les montagnes en France. 

En réalité, même pendant le confinement, le tourisme a su se réinventer.

Virginie Laquière,  chargée de communication à l’office de tourisme d’Agen, a par exemple proposé une série de courtes vidéos dans les rues de sa destination pour montrer aux habitants tout ce qu’ils pouvaient voir dans un rayon de 1km pour respecter les mesures gouvernementales.

La covid-19 a donc eu cet impact positif : elle a permis de reconsidérer le tourisme classique, industrialisé, et il était temps. Les voyages sont effectivement très polluants, et comprendre qu’on peut tout à fait se déconnecter sans partir à l’autre bout du monde est essentiel pour l’avenir. “On veut appeler les locaux, leur proposer de redécouvrir leur territoire, de se le réapproprier. En fait, on veut leur dire qu’ici, il y a des choses à faire : donc vous pouvez être fier de votre destination” annonce justement Virginie Laquière.

La France est la première destination touristique internationale : et en 2020, les Français ont pu, eux aussi, redécouvrir ce territoire et apprendre à l’apprécier. 

Alors, pourquoi ne pas arpenter à votre tour votre région ? 

Partir proche de chez soi pour explorer des recoins méconnus : l’occasion idéale de se lancer dans un premier voyage solo et ainsi en apprendre plus sur son territoire… Et sur soi-même.

Devenez une voyageuse solo.png


<h2>L’authenticité en plein cœur</h2>
Deux amies sourient dans un taxi en Thaïlande.jpg
On assiste à l’approche d’un tourisme durable, mais aussi plus humain .

Marie Pachéco en parle avec le sourire : dans les Pyrénées Béarnaises, les rencontres entre producteurs locaux et randonneurs permettent à la destination de partager des expériences ancrées dans le terroir. “Aujourd’hui, le tourisme cherche à aller dans l’authenticité, notamment via des expériences de rencontre avec la population locale. Cet été par exemple, on a organisé des dîners avec des producteurs et pour la première fois, il y a eu une répartition équitable de visiteurs entre les locaux, qui viennent déjà de manière régulière, et les voyageurs. 
On a des centaines de producteurs prêts à accueillir les visiteurs dans leurs fermes. En fait, on développe beaucoup le côté “rencontre avec l’habitant” car c’est notre plus valu. Nos professionnels ont un accueil chaleureux, autant en faire profiter les touristes.”

C’est aussi le constat de Katia Veyret. Directrice de la communication à l’office de tourisme de Sarlat, elle souligne combien sa destination, dans la vallée de la Dordogne et du Périgord noir, dispose de cette même force. “Il y a une authenticité naturelle dans notre destination. On a beaucoup d’interactions entre les touristes et les personnalités locales, et on veut justement inciter au circuit-court.” 

L’accueil chaleureux est également une valeur centrale des Agenais. “Le lien entre habitants locaux et visiteurs est essentiel : notre ADN, c’est justement la connexion humaine.” Selon Virginie Laquière, la ville d’Agen se différencie justement grâce à la convivialité et l’enthousiasme de ses habitants.

Les voyageurs ont donc cherché des destinations proches de chez eux pour profiter de leur environnement, mais pas seulement : il y a eu une véritable demande d’authenticité et de connexion. 

Pour cause : après des mois de confinement, coupés de tout et surtout de tous, les visiteurs avaient besoin de retrouver une proximité avec les producteurs. “Depuis la crise sanitaire, on a remarqué qu’il y a bien plus de personnes chez les producteurs que dans les supermarchés. Il y a une réelle prise de conscience du bien manger, mais aussi du bien consommer.” Katia Veyret tient à cette précision : les habitudes de consommation ont changé, mais pas seulement dans les rapports alimentaires.

Pour Sylvain Langer, il ne s'agit même plus de consommation. "Les visiteurs ne viennent plus consommer : ils veulent vivre de véritables expériences authentiques. Un touriste ne veut plus être un touriste, il veut vivre comme un habitant local." Il m'a par ailleurs raconté combien il a lui-même pu profiter du sens de l'accueil particulièrement chaleureux des Palois, qui savent recevoir les voyageurs.

Les comportements de voyage se sont montrés plus responsables et à la recherche d’une authenticité forte, d’un ancrage dans le territoire loin de la superficialité prônée autrefois par le tourisme de masse.

Et quoi de mieux pour s’immerger dans la destination que de dormir chez l’habitant ? 
Rencontrer des locaux et partager avec eux leur quotidien : c’est ça, l’authenticité de demain. 
Alors pourquoi ne pas accueillir chez vous une voyageuse solo pour mieux lui faire découvrir votre destination ?

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Qui dit authenticité dit nécessairement sécurité pour s’assurer un voyage en pleine confiance. C’est pour cette raison que La Voyageuse propose une solution de couchsurfing sécurisée pour les femmes

D’ailleurs, Katia Veyret a insisté sur la sécurité de sa destination : Sarlat regorge d’activités pour les amoureuses de la nature qui souhaiteraient voyager sans crainte. Agen pour sa part a été classée dans le top 20 des villes où il fait bon vivre : de quoi montrer la sûreté de cette destination naturelle.

Cette crise du tourisme aura amené un air d’écologie, de durabilité, mais aussi d’humanité. 

Respecter la destination, chercher du local et soutenir les échanges entre habitants et voyageurs sont donc les caractéristiques des voyages en ces temps particuliers.


<h2>Et sur le long-terme ?</h2>
Une femme lève les bras au ciel en souriant devant un paysage de montagnes.jpg
Les voyages en 2021 semblent donc, selon ces témoignages, orientés vers une durabilité environnementale et une proximité humaine. 

Mais ce tourisme authentique, ce tourisme responsable, ce tourisme de crise est-il destiné à survivre ? Est-ce une tendance éphémère en vue de la situation actuelle, ou ces nouvelles habitudes sont-elles vouées à durer également dans le temps ?

Et bien là-dessus… Les avis restent mitigés. “Ce serait souhaitable d’avoir un tourisme durable, mais est-ce que la crise sanitaire va vraiment faire évoluer le mode de consommation des loisirs et vacances sur la durée, ou est-ce que ce ne sera que sur l’année 2021 ? L’humain est surprenant. Après les attentats, on a constaté une baisse de la fréquentation touristique, mais c’est quand même revenu.” Isabelle Forget, directrice adjointe de l’office de tourisme du Pays Basque, affirme qu’en juillet-août les comportements des voyageurs n’étaient pas fondamentalement différents. D’un autre côté, il faut avouer que le Pays Basque dispose d’une identité forte et d’un panel d’activités (côtes, montagnes, culture) capables de laisser le choix à ses visiteurs, même en temps de crise.

A Bayonne en effet, l’opinion est semblable. “On a eu énormément de monde pendant l’été, un peu comme un effet post-confinement. Les gens ont envie de profiter. Dès que les montagnes ou les plages ont rouvert, les visiteurs se sont rués dessus.” Xabi Belain semble donc partager l’avis que ces mœurs n’étaient peut-être que temporaires.

Pour Katia Veyret, c’est un fait. “Les gens habitués à voyager n’attendent qu’une chose, c’est de partir.” En revanche, elle pense sincèrement que certaines habitudes vont être modifiées. “La manière de consommer sur la destination va changer. Les gens vont se tourner vers le côté atypique de certaines offres.” La crise sanitaire aura donc permis de développer de nouvelles tendances, sans pour autant changer radicalement les comportements.

Sylvain Langer semble partager ce point : à son sens, le tourisme est parti pour se remodeler. "Il y a des virages qui ont commencé à être pris, dont la trajectoire perdurera. Le fait d’aller découvrir des territoires proches de chez soi, c’est quelque chose qui sera plus ancré à l'avenir. Avant, quand on voulait de l’espace, on prenait l’avion ; c'est une habitude qui à mon sens aura du mal à revenir. L’envie d’exotisme restera, mais à moindre mesure."

Il pense par ailleurs que la crise sanitaire a finalement permis de révéler les tendances de demain. "La covid a permis de faire un bon de 10 ans dans les comportements touristiques. Il s'agit d'un véritable accélérateur : les tendances qu'on a commencé à distinguer se sont réalisées beaucoup plus vite."

Pour d’autres, 2020 aura avant tout permis un temps de réflexion et de reconsidération de l’industrie touristique. “On va sortir de cette pandémie et on espère que ça aura servi à se poser quelques questions. Les voyageurs vont partir autrement et réfléchir davantage à leur environnement.” Marie Pachéco semble donc considérer un changement plus général des habitudes : l’impact ne sera peut-être pas visible immédiatement, mais le tourisme aura eu un temps de réflexion utile pour un changement sur le long-terme.

Mais ce ne sont que des suppositions : en réalité, comme le rappelle Isabelle Forget, tout est encore très incertain. “Tant que la crise n’est pas terminée, on ne peut vraiment rien prévoir. Pour 2021, on est encore dans le flou artistique.”

Attendre et réfléchir : le tourisme de demain n’est pas encore là, pour des raisons sanitaires mais également pour le temps de réflexion que l’on doit s’accorder. 

Il ne s’agit pas de chercher à tout va les comportements de demain, mais davantage d’apprendre de ce qu’on a traversé pour développer des comportements futurs plus raisonnables et surtout, plus bienveillants pour la planète, comme pour les habitants locaux.

Il nous tarde à tous de partir, et à titre personnel, je reste persuadée que le voyage est important pour se construire mais aussi pour se remettre en question (qui sont également de bonnes raisons de partir en vacances solo).

Alors je vais tâcher d’utiliser cette crise pour réfléchir encore plus grand et modifier ma perception des voyages. Demain, quand nous pourrons repartir, je penserai à mes habitudes et à mes envies : comment allier le respect de l’environnement à mon rêve, comment soutenir les habitants locaux en arpentant leur territoire.

Oui, nous avons tous envie de voyager, mais nous sommes les touristes de demain et c’est finalement de nous et de nos comportements que dépendra le futur des voyages.

Pour ma part, je vais essayer d’être à la hauteur : responsable et humaine.

Et alors le tourisme pourra voguer sur une nouvelle ère, où l’authenticité et le respect de chacun fera de ces échanges internationaux un moyen de construire tous ensemble un monde meilleur.

“Voyage, voyage
Plus loin que la nuit et le jour 
Voyage 
Dans l'espace inouï de l'amour."

VOYAGE
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