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LA VOYAGEUSE TEAM

S’engager pour les femmes victimes de violences en france

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Les opinions exprimées dans cet article sont propres à l'auteur·e.

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S’engager, militer, des mots forts qui peuvent faire peur, surtout quand on parle de féminisme. 

Mais finalement pourquoi s’engager pour les femmes ? 

Féminicide, machisme, inégalités salariales et droits féminins en général… Aujourd’hui on en parle plus mais pour autant, les choses ne changent que trop peu. Quand on voit le nombre de femmes victimes de violences en France, il est clair qu’il y a encore du chemin à faire…

Bien entendu beaucoup d’associations se forment, militent lors d’événements ou viennent directement en aide aux femmes dans le besoin mais finalement, pour fonctionner, ces organismes ont besoin de personnes vers qui se tourner. Des professionnels, mais surtout des bénévoles.

Quelle que soit votre personnalité, plutôt du genre à prendre la parole et protester en public, ou l’oreille attentionnée prête à écouter et soutenir les victimes de violences, vous avez le pouvoir d’aider à votre niveau.

Si on reprend l’histoire, les féministes ne sont pas apparues du jour au lendemain, il y a toujours eu un besoin et c’est avec l’engagement d’une personne, puis de centaines et milliers que nous avons pu progresser vers un monde plus juste. 

Le droit au vote, à l’avortement ou encore la lutte pour un salaire égal dans une même profession, des protestations qui ont vu le jour grâce à des personnalités fortes et engagées dans l’égalité hommes-femmes qui a aujourd’hui changé le quotidien de milliers d’autres personnes.

Participer à une marche, porter un ruban rose, ouvrir sa porte à une femme victime, ces actions simples peuvent faire pencher la balance et changer l’avenir d’une femme, puis de nombreuses autres. 

Pour la lutte contre les violences conjugales, il existe notamment la Fédération Nationale Solidarité Femmes, une association française issue du mouvement féministe qui gère le numéro d'appel 3919 et auxquelles sont affiliées bon nombre d’autres organismes qui luttent aussi contre les violences. Il ne vous reste plus qu’à trouver la plus proche de chez vous.

Mais si vous souhaitez un peu plus de détails sur le quotidien de ces militantes, appartenant à des associations de la France entière, j’ai pu échanger avec quelques-unes d'entre elles.

Voici donc un aperçu de ce qu’il se passe dans ces organisations que trop peu connaissent et comment vous pouvez, vous aussi, agir. 

<h2>Agir auprès des victimes</h2>
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En région Parisienne :
Elle’s Imagine’nt :

En 2010, Sonia Pino et Julie Vella font un constat : il existe des associations pour aider les femmes victimes de violences mais la plupart sont spécialisées dans la prise en charge juridique et sociale. Il est important d’intervenir sur les modalités de garde, le logement, ou encore l’accès au droit mais aussi de prendre en compte les conséquences psychologiques des violences qui peuvent altérer le quotidien des victimes. 

Elles décident donc de créer leur association en y ajoutant une prise en charge psychologique. L'association travaille ainsi avec plusieurs psychologues et dispose de 2 groupes de paroles pour les femmes ainsi qu’un groupe de parole pour les anciens enfants co-victimes de violences dans le couple (enfants de plus de 16 ans qui ont assisté à des violences).

J’ai pu échanger avec Charlotte, qui intervient en tant que psychologue et accueillante. Un rôle très important étant donné qu’elle est la première personne qu’une femme victime va rencontrer à son arrivée dans les locaux. 

Les accueillantes font aussi le lien entre les différents partenaires : assistantes sociales, avocates, juristes, médecins etc. Cela permet aux femmes qui se tournent vers elles de recevoir des conseils juridiques ou encore un logement pour les accueillir.

Sur le site on retrouve d'ailleurs 6 missions qui d’après Charlotte découlent les unes des autres :

« Si on n’informe pas le public, les violences ne disparaîtront pas, parce qu’il y aura toujours quelqu’un pour les perpétuer. Si on n’explique pas aux professionnels comment repérer les violences, il y aura moins de femmes qui se feront accompagner. S’il n’y a pas d’associations pour les écouter et les soutenir, elles ne pourront pas s’en sortir non plus, elles ne pourront pas mettre en place certaines démarches ou beaucoup moins facilement… Enfin tout ça, c’est un peu une suite logique pour nous. » 

Des paroles qui prouvent encore la nécessité de venir en aide aux femmes à travers ces associations.
Soutenir Elle’s Imagine'nt

Agir dans le Tarn :
Paroles de Femmes

En 2005, devant l’inexistance d’un accueil de jour pour les victimes de violences dans le Tarn, une directrice de structure d’hébergement d’urgence a décidé de créer Paroles de femmes avec l’aide de trois autres collaboratrices.

Aujourd’hui, le peu d’associations présentes dans le Tarn font de Paroles de femmes la référente dans tout le département. On y retrouve deux salariées psychologues cliniciennes ainsi que de nombreuses bénévoles et militantes qui accueillent, soutiennent et écoutent les victimes de violence. 

Carole, militante, m’a partagé les missions principales de l’association :

“Nous avons 4 grandes missions, en 4 étapes :
  • L'accompagnement des femmes victimes de violences : un accompagnement global suivi par une psychologue, des groupes de paroles, des ateliers collectifs pour reprendre confiance en elles notamment.
  • “Les mots pour le dire” : Un autre accompagnement pour les enfants des victimes de violences qui souhaitent eux aussi avoir un espace pour pouvoir parler tranquillement.
  • “La ruralité” : En 2012 une étude sur la problématique des femmes victimes de violences en milieu rural a été lancée dans le Tarn et en 2019 un colloque national sur cette problématique est paru. Depuis, l’association forme des commerçants afin de créer des relais dans le département. Ainsi le facteur ou la coiffeuse du village sauront détecter les victimes de violences et leur venir en aide. 
  • La dernière action est de former les médecins, les hôpitaux, les pompiers, les écoles à travers de la prévention ou des animations pour les sensibiliser sur le sujet.

Chaque année de nouveaux projets ou actions voient le jour. Le but est donc de les pérenniser et de développer cette question d’aide aux femmes victimes de violences en milieu rural.

D’une manière générale, la réponse doit être citoyenne, nous sommes tous concernés.”
Soutenir Paroles de femmes

Agir en région Savoyarde
SaVoie de femme

Dans les années 70, sous l’explosion des mouvements féministes protestants envers les inégalités hommes-femmes, l’association SOS femmes battues a vu le jour. 

Elle intervenait à l’époque seulement contre les violences physiques et s’est tournée en 1999 vers les violences psychologiques. Elle a ensuite pris le nom de SaVoie de femme en 2017.

Avec un accueil de jour basé à Chambéry, SaVoie de femme s’étend sur toute la région et propose des rencontres spontanées avec des plages horaires pour venir boire un café, laver son linge etc. mais aussi une permanence avec des rendez-vous.

Marion, intervenante sociale au sein de l’association, m’a fait part des missions et actions de celle-ci :

“Je dirais que la mission générale est de faire avancer la lutte contre les violences faites aux femmes mais ce n’est pas vraiment direct, le but premier c’est d’accueillir cette personne en face de nous. La mission principale c’est donc « comment on accueille les femmes ?”

SaVoie de femme organise d’ailleurs tous les mois des ateliers collectifs et individuels qui permettent aux victimes de se concentrer sur elles, leur corps, qui elles sont, ce qu’elles ressentent… 

On leur pose ces questions « Vous, que pensez-vous ? Qui êtes-vous ? ». Des questions simples qui peuvent pourtant amener à tout un questionnement sur ce qu’elles vivent au quotidien.

L’association met aussi en place d'autres actions comme la sensibilisation auprès des établissements scolaires et professionnels.

Elle y propose des ateliers pour casser les stéréotypes sur la vision des hommes et des femmes. Ces actions, différentes de l’aide aux victimes, sont nécessaires pour prévenir et sensibiliser afin de changer les états d’esprits.

Mais tout cela ne serait bien entendu pas possible sans l’aide des bénévoles qui font vivre SaVoie de femme.
Soutenir SaVoie de femme

Agir à Villeurbanne :
VIFFIL SOS Femmes 

En 2016, les associations Vif créé par la municipalité de Villeurbanne et Fil par un groupe de féministes ont fusionné pour former l'association VIFFIL. Le but : faire reconnaître les violences conjugales et prendre de l’ampleur afin de capter les financements manquants.

Mme Liotard directrice de VIFFIL depuis plus de quatre ans revient sur les différentes actions de celle-ci :

Nous proposons plusieurs formes d’aide et soutien pour la victime et les co-victimes comme :
  • Un centre d’hébergement avec des avec appartements en diffus sur toute la ville
  • Un dispositif d’accueil avec écoute téléphonique qui s’adresse aux personnes concernées comme aux pros (employeurs, famille, amis, médecins, assistantes sociales…)
  • Étant un service qui dépend de la FNSF, répondent aux appels du 39 19 et ont des travailleuses sociales qui font des permanences à Villeurbanne et Lyon l’idée est de créer une permanence sans rendez-vous 
  • Un groupe de soutien à l’entourage une fois par mois
  • Un centre de formation et de documentation sur la question des violences 
  • Des ateliers pour les enfants des mères qu’ils accompagnent
  • Une plateforme d’astreinte et de mise en sécurité d’urgence

En 2021 une équipe mobile devrait voir le jour : on pourra donner rendez-vous à une femme victime de violences chez son médecin si c’est plus accessible pour elle.”

Elle me précise aussi qu’en moyenne, une victime part 5 fois de chez elle et revient 5 à 7 fois avant de partir définitivement de chez son agresseur. Dans l’entourage, cela cause d’abord une attitude protectrice qui peut cependant en venir au rejet de la personne, puisqu’elle y retourne. C’est pourquoi il est important de mettre en place un soutien à l’entourage pour qu’ils puissent aider les femmes victimes et traverser les mouvements contradictoires qui peuvent les animer lors des allers-retours de la personne victime de violences.

Une décision qui impacte bien plus de personnes qu’il n’y paraît et qui, sans bénévoles ou personnes pour leur venir en aide, serait impossible à gérer.
Soutenir VIFFIL SOS Femmes

Agir à Villeneuve sur Lot :
La Maison des femmes de Villeneuve

Avec les luttes féministes apparues dans les années 70, certaines femmes de Villeneuve sur Lot se sont aperçues de la gravité et de l’importance des violences conjugales qui n’avait jusque là pas été pris en compte au planning familial. Elles ont donc commencé à s’organiser pour offrir aux victimes de violences une écoute dédiée, créant ainsi la Maison des femmes de Villeneuve sur Lot.

L’association couvre par ailleurs plus que Villeneuve parce qu’en tant que maison dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes elle est l’une des seules sur le département consacrée à cela. 

Madame Valat, présidente de l’association, revient sur la mission principale de la Maison des femmes :

“70% de nos actions sont dirigées vers nos femmes. Nous essayons de les accompagner, mais pour que les violences cessent, il faut que des choses soient impulsées pour changer les mentalités de la société. Pour arriver à faire cesser les violences, il faut faire cesser le machisme sous les principes violents qui le font agir.

Au-delà de cela, nous faisons de la sensibilisation avec les jeunes, des formations scolaires à la demande des infirmières, des policiers etc. Parce que les enfants aussi peuvent être des victimes. Un mari violent est un père violent même s’il ne tape pas les enfants, c’est un traumatisme pour les enfants spectateurs de la violence qui peuvent la légitimer et prendre ça pour quelque chose de normal. Les enfants sont les co-victimes dans l'histoire.

Ce qui pose problème aujourd’hui c’est de recevoir des coups parce qu’on est femme, de considérer qu’on a ce droit de taper sur les femmes.”

Pour venir en aide aux victimes de violences, la Maison des femmes met différents ateliers en place comme des arts plastiques, de l’équithérapie, du théâtre ou même une initiation au football qui permettent aux femmes de retrouver la force qu’elles ont en elles.

Dernièrement, elle a d’ailleurs lancé deux projets :
  • Un politique, où il s’agirait de faire une enquête pour connaitre le parcours juridique d’une femme victime de violence et voir où sont les disfonctionnements et ce qui se passe au niveau du tribunal d’Agen.
  • Une seconde enquête à mener : un travail avec les politiques de la ville pour identifier la nature des quartiers prioritaires, comment ils se sont créés et quel est leur avenir.

De belles choses à venir auxquelles vous pouvez vous aussi participer.
Soutenir La Maison des femmes de Villeneuve

<h2>Agir en manifestant</h2>
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Osez le féminisme 

Créée en 2009, afin de militer pour permettre au planning familial d’avoir les financements nécessaires, Osez le féminisme est une association qui milite pour les droits des femmes avec notamment tout un travail de sensibilisation sur le sujet. Avec une association nationale et 26 antennes à travers la France, elle organise et participe à des évènements, avec une forte présence sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à des plaidoyers auprès du grand public et des institutions.

Osez le féminisme est géré par 6 porte-paroles qui s’occupent notamment de la direction et de tout ce qui touche aux médias. Mme Le Menn, l’une de ceux-ci, revient sur leurs missions principales ainsi que leur dernière action en date :

“La mission est certainement de faire en sorte qu’on puisse mettre dans le débat public les violences que subissent les femmes. Le débat a été lancé depuis 2014 avec des campagnes contre le féminicide et cela a enfin été entendu : aujourd’hui un féminicide est bien appelé féminicide. Ce militantisme sert à faire évoluer la société toute entière mais aussi le gouvernement via des tribunes, pétitions et autres.

Notre dernière grosse action a été de dénoncer le site porno : ‘Jacquie et Michel’ pour tout un tas d’accusations comme proxénétisme, viol, traite des êtres humains, etc. Cette affaire est vraiment le procès à venir du porno mis sous silence et laissé tranquille depuis trop longtemps.”

Avec l’aide d’autres groupes engagés comme Les Effrontées et le Mouvement du nid, Osez le féminisme fait bouger les choses là où beaucoup ne verraient aucun problème éthique ou moral.
Soutenir Osez le féminisme


<h2>Agir en tant qu’élue</h2>
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ECVF 

En 2003, madame Bavay crée l’association ECVF pour répondre au silence politique face aux violences faites aux femmes et inciter les élu(e)s à se mobiliser sur la question. Elle m’a fait part de l’origine de la création :

“En 2002, il y a eu un débat présidentiel qui a notamment soulevé le fait qu'il y avait une grande insécurité concernant la protection des biens. Mais pour moi la première insécurité était celle des personnes et non des biens.”

L’association s’est ensuite formée autour de l’appel des “concerné(e)s” signé par plus de 300 élu(e)s souhaitant agir en engageant des actions publiques. Plus récemment, l’appel des “Toujours Concerné(e)s” a vu le jour afin de continuer à mobiliser les nouvelles têtes politiques.

ECVF tient là sa devise : “créée par des élu(e)s et pour des élu(e)s”.

Elle propose d’ailleurs des formations pour les élues des petites communes qui peuvent rencontrer des problèmes de gestion des violences domestiques et qui restent toutefois en première ligne.

Malgré cela, madame Bavay a aussi souligné la stagnation de la situation actuelle :

“Je ne pense pas qu’on soit prêts de trouver la solution à ce problème. Actuellement, on fait du sur place. On en parle plus oui, mais on n’a toujours pas de lieux en quantité suffisante pour les femmes qui souhaitent échapper à la violence domestique.”

Une preuve de plus qu’il reste encore du chemin à parcourir concernant les femmes victimes de violences.
Soutenir ECVF

Il existe bien entendu de nombreuses autres associations qui militent d’une manière ou d’une autre dans la France entière et qui ne seraient rien sans leurs bénévoles.


<h2>Soutenir d’autres organismes :</h2>

Aujourd'hui le militantisme peut prendre différents visages, proposer diverses solutions innovantes. 

La Voyageuse par exemple permet aux voyageuses solo d’être hébergées chez des femmes de confiance lors de leurs expéditions. 

Christina, la fondatrice, m’a partagé ces quelques mots : “Je pense que La Voyageuse est elle aussi une entité féministe. Différente certes, mais avec un même but que ces associations : permettre aux femmes de s’émanciper. Chez La Voyageuse, c’est à travers le voyage solo.”

A sa manière, La Voyageuse s’engage donc elle aussi pour les femmes en leur permettant de s’émanciper via des expériences inoubliables comme nous l’explique si bien Patricia dans le témoignage de son voyage solo

Mais ce n’est pas tout, La Voyageuse soutient aussi les femmes victimes de violences et souhaite contribuer en leur offrant un accès gratuit à la plateforme.

Une action qui lui permet de militer à sa manière, sous un angle différent. 

Chacune d’entre nous peut s’engager dans cette lutte, à son échelle et avec des actions diverses qui feront toutefois la différence.  

Pourquoi pas vous ?

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