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Let’s talk about sex…surfing !

Sylvie K. - 15-08-2019

Quand je parle de mes voyages en solitaire, une question revient systématiquement : « t’as pas peur pour ta sécurité » ? Je mentirai en disant que cela ne m’inquiète jamais. Notre monde n’est pas si rose ! Mais parlez en à des hommes qui voyagent en solitaire, eux aussi sont vigilants, eux aussi prennent des risques, eux aussi se retrouvent parfois dans des situations compliquées ; alors pourquoi pas nous les femmes ? Sous prétexte que nous sommes (soi-disant) plus vulnérables, on devrait rester sagement à la maison et ne pas goûter à cette liberté ? Oui, voyager en solo comporte des risques. Traverser une route aussi. Mais vous en traversez quand même ! Et pour pas finir en crêpe sous un bus vous regardez à droite et à gauche, non ? Et bien pour moi c’est pareil, quand je suis dans un pays que je ne connais pas, je regarde, j’observe, tous mes sens sont aux aguets. Il faut le vivre pour le comprendre, mais c’est dans ces moments là que je sens le plus vivante. Si je n’ai plus ça, si je me retrouve tous les soirs sur mon canapé avec la sensation que toutes les journées sont les mêmes… J’aurai peur de m’éteindre. N’est ce pas là un plus grand danger ? Sans vouloir juger personne ou essayer de me montrer supérieur, parfois, ces mêmes personnes qui me posent cette question « t’as pas peur pour ta sécurité ?» je regarde au fond de leur yeux, je cherche dans leur voix, dans leur sourire, leur gestes… tout me semble éteint, alors qu’ils pourrait être lumineux. Je parfois l’impression que l’épidémie de morts vivants a déjà bien commencé. Des situations dangereuses, j’en ai vécu quelque une, toutes m’ont enseigné quelque chose. J’avais envie dans cet article de vous partager une de mes trois agressions que j’ai vécu en plus de 10 ans de voyage !

COUCHSURFING / SEXSURFING

Budapest, sept 2011.

C’est mon premier jour dans cette magnifique ville. Je vais être hébergé par Mark qui vit en collocation avec Lili. Je l’ai contacté grâce au site d’hébergement Couchsurfing. Profil sympas, quelques commentaires très positifs, tout semble nickel. J’arrive chez lui, accueil chaleureux, tout est parfait…. Mais… où est Lili ???

« Oh ! J’ai pas eu le temps de changer mon profil mais je viens de déménager et je ne vis plus en colloc »

TING ! La petite alarme ‘’c’est louche ton histoire’’ s’allume dans ma tête. Mais le gars semble vraiment sympathique donc, pas d’affolement.

« Du coup, j’ai un plus petit appartement, pas de chambre pour toi, mais le canapé est confortable »

TING TING !! Mouais…… Mais c’est vrais que le canapé à l’air confortable L’après midi se passe à merveille, Mark me fait visiter Budapest, me raconte plein d’histoires et mes inquiétudes s’évaporent. Vient le soir et le moment de se coucher…. Il me dit :

« Demain, je dois me lever pour travailler tôt, et j’ai toutes mes affaires dans le salon, donc c’est plus pratique pour moi si tu dors dans ma chambre et moi sur le canapé, ça ne me dérange pas du tout »

TING TING TING TING TING !!!!! Je sens vraiment l’embrouille, mais sur le moment je ne trouve pas quoi répondre car c’est confus en moi, le type est tellement adorable, je n’ose pas lui dire que ça me déplais, la politesse me fait répondre merci-c’est-trop-gentil, mais…. Je me sens piégé. Je vais, avec mes affaires dans sa chambre, je ferme la porte, il n’y a pas de clef. Sur son bureau, un tas de papier, je vois une enveloppe postale dans un coin, je regarde. C’est bien son nom, cette adresse, et le tampon indique que ça a été envoyé il y a plus d’un mois… Pas eu le temps de changer son profil ? Je commence à me dire qu’il n’y a jamais eu de Lili. Je me couche toute habillée, mes affaires à porté de main. Quelques minutes plus tard : Toc toc toc…..

« Stessie, je peux rentrer, j’ai oublié quelque chose pour demain »

Pas le temps de répondre, il entre. Il me sourit, s’excuse, toujours très poli, va chercher une clef USB sur son bureau… puis il s’approche de moi. Je me rappelle plus exactement le bla bla mielleux qu’il m’a sorti. Mais il finit par être assis sur le lit et me dire : « Ca me fait drôle d’avoir une si jolie fille dans mon lit » Silence pesant…. Parce que moi, je le trouve bien gentil, mais physiquement, il me plait pas du tout !!!! Il continue : « C’est difficile d’être un gentleman, j’ai très envie de me jeter sur toi » – Heu non. Mais moi j’ai pas envie, désolé. – J’ai pas été assez gentil avec toi ? – Si, mais j’ai pas envie. (là je commence à durcir le ton) Il pose sa main sur mes jambes et avec une douceur dégueulas il me dit : – Je veux pas te faire du mal ! Je trouve juste qu’on a passé une super journée, et moi, j’aime m’amuser dans la vie, tu trouves pas qu’il faut se faire plaisir dans la vie ? La discussion continue, le type devient vraiment lourd et insistant. Je m’énerve. Je balance sa main qui commençait à trop de se balader « D’abord tu arrêtes d’essayer de me tripoter, maintenant tu sors de cette chambre, sinon je me casse. Et j’hésiterai pas une seconde à porter plainte contre toi. » Il me répond, toujours avec sa gentillesse manipulatrice : « Relax, on s’est mal compris, c’est rien, c’est pas grave, juste un bisou et je m’en vais » Et Mark d’un coup, se penche sur moi pour m’embrasser sur la bouche. Je crie, je le repousse avec mes mains, je dégage les couvertures, j’attrape mon sac, je m’enfuis en l’entendant me dire « mais tu vas où, il est tard, je suis désolé, reste, bla bla bla ».

Quelques secondes plus tard je suis dans la rue, en chaussette, mais avec mon sac. Il est 23h, il fait froid, dans cette ville que je ne connais pas. Je n’ai aucune idée où aller, mais pourtant, je me sens tellement soulagée. Je marche. Tout est fermé à cette heure. Sauf le Mac Do ! Je déteste les Mac Do, mais là j’étais bien content de le trouver. Je rentre, demande à une employé où trouver un hôtel. Elle parle pas anglais. Galère pour s’expliquer, mais elle remarque que je suis en chaussette.

« problem ? problem ? qu’elle me demande. – Yes Problem. F***ing big problem ! »

L’autre employer arrive, elle non plus ne parle pas bien anglais. Je mime le fait que je cherche un endroit où dormir. Elles discutent entre elles en me regardant. Puis l’une d’entre elle me dit : « ok ok no problem, come with me ». J’ai passé trois jours magnifiques dans la famille d’Eszter. Croyez le, elle est même allée récupérer mes chaussures ! ….. En stop, sur les routes Hongroises qui mènent en Roumanie, je repensais à cette nuit, chez Mark. Le piège était bien ficelé. Je me demande combien de filles sont tombées dedans, se sont senties obligées.

Je lui ai laissé un commentaire dévastateur sur son profil. Le lendemain, ce profil n’existait plus.

Se fier à son instinct. Réagir, plus vite, sans ambigüité, être toujours prête. Mon regard c’est affuté, je me sens plus forte. Trois mois plus tard, par curiosité, je cherche, je trouve. Le profil de Mark est de nouveau présent sur Couchsurfing, mêmes commentaires positifs, même discours…. Même Lili est toujours sa coloc ! Le piège est à nouveau tendu. Je le signale aux administrateurs.

J’ai entendu par la suite tellement d’histoires de sexsurfing, il suffit de demander à google pour le voir. Des ‘’Mark’’, il y en a d’autres. Cela ne m’empêchera pas de poursuivre ma route, de me sentir vivante. C’est mon droit. Car les ‘’Mark’’, finalement, ils sont très rares. Je ne le répéterai jamais assez, les gens sont bons, aiment être généreux. J’ai croisé tellement de personnes extraordinaires sur ma route… Alors oui, j’encourage toutes les femmes à faire de même, à découvrir qui elles sont, à vivre cette sensation de vivre. J’aime beaucoup le slogan de ce site ‘’la voyageuse’’ : The world is yours too (ce monde est aussi le votre) Alors, let’s go girls !

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